THE WARRIORS
- BBC

- 20 oct. 2023
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 janv.
1979 Walter Hill USA. Avec Michael Beck, James Remar, Dorsey Wright, Brian Tyler, David Harris, Tom McKitterick, Marcelino Sánchez, Terry Michos, Deborah Van Valkenburgh, Thomas G.
Waites
Scénario : David Shaber et Walter Hill, d'après le roman Les Guerriers de la nuit de Sol Yurick
Genre : Action - 1h32min
Note : 7,9
Courir c’est bien, cogner c’est mieux.
Cyrus, le leader charismatique du gang le plus respecté de New York, convoque toutes les bandes rivales pour une grande alliance. Unies, elles pourraient dominer la ville : plus fortes que la police, plus malignes que la pègre.
En plein discours Cyrus est abattu. Pour faire diversion le véritable assassin accuse les Warriors, un gang du New Jersey.
Pas le temps de s’expliquer, les bad boys murmurent, c’est évident les Warriors sont coupables. Commence alors une course poursuite enragée dans les rues de New York.
Les Warriors sont condamnés à mort par les autres gangs qui se transforment en justiciers bariolés. C’est la grande nuit du carnaval des gangs : SM, Kimonos, Baseball, Rollers, Skinhead… Tous veulent se taper les Warriors qui grâce à une stratégie diabolique, "je courre je cogne, je courre je cogne, je courre et je cogne encore", vont réussir à rejoindre leur base de départ à Coney Island.
Bien avant COLORS Walter Hill devine la puissance prochaine des gangs. Cyrus le prophétise dans un cri devenu culte : "Je vois le futur en vous !" Jugé subversif, le film sera censuré, interdit dans certaines salles, accusé de discours politique trop explosif.
THE WARRIORS n’est pas qu’un film de baston. L’esthétisme stylisé, le montage "coup de poing", les punchlines soignées et le casting inspiré place le film à un niveau bien supérieur à la moyenne. Film de genre sous-estimé, THE WARRIORS mérite mieux. Mention spéciale pour le générique d'ouverture, rythmé par la musique électronique de Barry de Vorzon alternant des scènes dialoguées et des plans clipés. Inattendu pour l'époque.
Histoire de mesurer à quel point Walter Hill a fini par modifier le point de vue de nombreux cinéphiles, je ne résiste pas à l'envie de vous livrer une petite anecdote des années 90 : Un jour de "grand" oral, j’avais fait le choix de centrer mon propos sur la filmographie du cinéaste américain devant un jury très prudent. Dès les premières réactions je compris que l’exercice allait être pénible. Je me sentais comme l'avocat de Freddy Krueger. J’évoquais avec conviction l’efficacité de la mise en scène dans LE BAGARREUR, la collaboration inspirée avec Ry Cooder sur LE GANG DES FRERES JAMES ou encore la beauté crépusculaire de SANS RETOUR. J’évitais volontairement THE WARRIORS, conscient de sa réputation, jusqu’à ce qu’un membre du jury me demanda quel était, selon moi, le meilleur film de Walter Hill : "Surement The Warriors ". Le jury se liquéfiait. Trop tard pour trouver une réponse consensuelle, je parlais de master-piece, de propos visionnaire. Silence dans les rangs. On me proposa d'enchainer sur Jean Rouch. Je m'exécutais.
Ce qui avait le plus surpris le jury, au fond, ce n’était pas que j’aimais Walter Hill. C’est que je puisse aimer Walter Hill et Jean Rouch.
En 2022, la Cinémathèque française rendait hommage à Walter Hill lors d’une rétrospective méritée. Un célèbre critique titrait simplement : Rencontre avec une légende.
BANG !
Une voix off jouée par Orson Welles était prévue. Elle devait appuyer des transitions entre les scènes dans un style bande dessinée.
On peut apparenter ce film au genre très "Walter Hillien" du "héros collectif", dans lequel le véritable héro est en fait constitué de plusieurs personnes agissant comme une seule.
Parmi les films de Hill utilisant ce principe, on peut citer ALIENS LE RETOUR (1986 - producteur), SANS RETOUR (1981), LE GANG DES FRÈRES JAMES (1980).
Le tournage a duré 60 jours et a été filmé de minuit à 08 heures du matin chaque nuit.
De véritables gangs apparaissent dans le film. Un gang a même été engagé pour assurer la sécurité des camions de tournage.
Thomas G. Waites (Fox) n'est pas crédité au générique. Son comportement inapproprié sur la tournage a décidé Walter Hill à le faire "mourir" plus tôt que prévu pour pouvoir s'en débarrasser.
Seul membre des Warriors à faire une carrière cinématographique honorable, James Remar deviendra 25 ans plus tard le père aimant et protecteur de DEXTER.
Walter Hill avouera regretter de l'avoir sorti trop tôt du film. On est d'accord !
Budget: 4 000 000 $ - Recette monde 22 500 000 $
Dialogue culte
Je vais te mettre ta batte de Baseball dans le cul, t'auras l'air d'une sucette (dit par Ajax à un des membres "bariolés" des Furies)

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