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THE LAST PICTURE SHOW

  • Photo du rédacteur: BBC
    BBC
  • 8 avr. 2024
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

1971 Peter Bogdanovich USA.

Avec Timothy Bottoms, Jeff Bridges, Cybill Shepherd, Ben Johnson, Ellen Burstyn, Clu Gulager, Sam Bottoms, Cloris Leachman

Scénario : Peter Bogdanovich et Larry McMurtry, d'après le roman The Last Picture Show de Larry McMurtry

Genre : Drame - 1h58min

Note : 9,5


Un vieux cinéma, une vieille maîtresse, un vieux sage.

En 1951, dans une petite ville paumée du Texas, la jeunesse étouffe. Sonny, Duane et Jacy ont dix-sept ans et tentent toutes les expériences pour mieux respirer.

La crise et là, sociale mais aussi sexuelle. Les trajectoires zigzaguent, rien de franc, rien d’apaisé : jobs de misère, intrigues amoureuses minables, absence de perspectives.

Le No Future avant l’heure.

Seul Sam, le patron paternaliste de la salle de cinéma, porte un regard éveillé sur cette jeunesse engourdie. Sa vieille carcasse, tout droit sortie d'un film de John Ford, assure la liaison entre l'âge d’or disparu et l'espoir encore étranglé d'un lendemain meilleur. Sam refermera les déchirures, mais pas la sienne tenue au secret tout le long du film. Une vague crépusculaire enveloppe le film de Peter Bogdanovich. Le cinéma classique hollywoodien fout le camp, les vieux producteurs font des films pour un public qui n’existe plus, welcome le Nouvel Hollywood. Bogdanovitch réalise un grand film charnière. Il convoque ses fantômes pour construire le nouveau cinéma.

 

THE LAST PICTURE SHOW arrive quelques années après l’émergence du mouvement « Le Nouvel Hollywood ». En 1967, Arthur Penn ouvre la voie avec BONNIE AND CLYDE, rapidement suivi par LE LAUREAT de Mike Nichols, puis par l’incontournable EASY RIDER, réalisé en 1969 par Dennis Hopper.

Ces films bousculent immédiatement les codes établis : anti-établissement pour Penn, anti-bourgeoisie pour Nichols, anti-conservatisme pour Hopper. La critique leur trouve un nom : Le Nouvel Hollywood. Une formule bien choisie. On aurait pu dire anti-Hollywood, mais ce serait passer à côté de l’essentiel, car pour la plupart de ces jeunes cinéastes en rupture, Hollywood reste un idéal, un Graal à révolutionner plutôt qu’à rejeter.

THE LAST PICTURE SHOW fait partie du mouvement, mais adopte une approche à part. Peter Bogdanovitch ne cherche pas à provoquer le public, chez lui la nouveauté ne réside pas dans la radicalité, mais dans la sincérité. Ses personnages nous ressemblent, ce sont nos amis, nos proches, nos voisins. L’émotion qu’il crée est simple, presque ordinaire. Sa caméra reste à distance. Elle observe sans déranger. On l’imagine posée dans un coin, comme pour ne pas intimider ceux qu’elle filme. Bogdanovitch prend le temps de faire du cinéma, là où tant d’autres se contentent d’aligner les plans. Il impose la figure du réalisateur devenu auteur.


Hollywood comprend rapidement comment exploiter cette nouvelle énergie. Le modèle auteur-réalisateur est toléré et le final-cut discuté : "Laissons-les faire, et voyons ce que ça rapporte". Hollywood reste Hollywood, avec ce talent innée de transformer tout en opportunité. Le merchandising est pour bientôt. Pour les producteurs, le Nouvel Hollywood change les visages, pas les règles du jeu. Le décor évolue, mais le système est maintenu. La volonté de renouer avec les splendeurs de l’âge d’or hollywoodien doit rester au cœur du projet. On s’adapte, et la machine continue d’avancer. Résultat ? Les studios peuvent toujours compter sur leurs vieux serviteurs, mais aussi surfer sur la vague de ces nouveaux cinéastes très indépendants. Une aubaine !


BANG !


Avec seulement 9 minutes et 54 secondes de présence à l'écran Ben Johnson gagne l'Oscar du meilleur second rôle masculin. C'est un record. Quant à Cloris Leachman, elle gagne l'Oscar du meilleur second rôle féminin.


La ville de Archer City, dans laquelle le film est tourné, est l'endroit où habite Larry McMurtry, l'auteur du roman "The Last Picture Show".


Dans la salle de cinéma de Sam, le film projeté est LA RIVIÈRE ROUGE de Howard Hawks. Une affiche du film LE CONVOI DES BRAVES de John Ford avec Ben Johnson est visible dans le hall.


Cybill Shepherd accepte de tourner nue la scène de la piscine à condition d’être seule sur le plateau. Les contre-champs sur les regards des garçons sont tournés sans elle.


En 1994 Peter Bogdanovitch réalise TEXASVILLE, la suite de THE LAST PICTURE SHOW qui se déroule 33 ans plus tard avec les memes comédiens. Tarantino dira : "THE LAST PICTURE SHOW et TEXASVILLE c'est une même séance".


Les principaux cinéastes révélés par le mouvement du Nouvel Hollywood sont : Peter Bogdanovitch, Martin Scorsese, Steven Spielberg, George Lucas, John Milius, Paul Schrader, Brian De Palma, Terrence Malick, Dennis Hopper, Arthur Penn, Robert Altman, William Friedkin, Michael Cimino et le merveilleux Hal Hashby.


Ne jamais oublier que Peter Bogdanovitch a réalisé VOYAGE SUR LA PLANETE DES FEMMES PREHISTORIQUES sous le pseudonyme de Derek Thomas pour Roger Corman en 1968. Démonstration d'une capacité d'adaptation exceptionnelle.


Peter Bogdanovitch joue dans la célèbre série LES SOPRANOS. Il est Elliot Kupferberg le thérapeute du Dr Jennifer Melfi, qui est la psychiatre de Tony Soprano.



Budget 1 300 000 $ - Recettes monde 29 146 000 $


Dialogue culte

Etre fou d'une femme comme ça est toujours la bonne chose à faire !


ree

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