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PAT GARRETT AND BILLY THE KID

  • Photo du rédacteur: BBC
    BBC
  • 23 déc. 2025
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 25 janv.

1973 Sam Peckinpah USA

Avec James Coburn, Kris Kristofferson, Bob Dylan, Rita Coolidge, Jason Robards, Katy Jurado, Richard Jaeckel, Chill Wills, R.G. Armstrong, Matt Clark, Emilio Fernandez, John Beck, Luke Askew, Barry Sullivan, Jack Elam

Scénario : Rudy Wurlitzer

Genre : Western, drame - 2h02 min

Note : 7,9


Bloody Billy

Pat Garrett accepte le poste de shérif, une décision qui le mènera à abattre son meilleur ami Billy.

Le tragique est posé, tout le reste ne sera que regrets. Car les temps changent, Pat vieillit, il se respactibilise, tandis que pour Billy, en pleine jeunesse, rien ne doit changer, l'Ouest éternel ne peut se laisser rattraper par des idées vérolées. Les barbelés empêchent les bêtes d’avancer et Billy de se calmer. Le pogo doit continuer.

Le Kid entraîne derrière lui une horde de punks préférant la parole d’un gourou aux théories de ce "grand foutoir" que les "redingotes" appellent le progrès.

Anarchiste avant l’heure, Billy se lance dans un tour d’honneur mortifère pour fracasser le capital. Exploiteurs et magouilleurs, tous ceux qui veulent dénaturer son éden, le paieront cher. Les cadavres ne sont pas égaux, certains s’effondrent sans élégance, d’autres nous font pleurer tant leur fin ressemble à un fatal poème. En mourant, Billy et ses hommes préservent le vieil Ouest et sa légende face à un avenir sans gout. Quant à Pat Garrett, l’Ehpad est au bout de la piste.


J’ai toujours considéré PAT GARRETT AND BILLY THE KID comme le sommet de l’œuvre de Sam Peckinpah. La trajectoire romantique des deux héros, avançant en pleine conscience vers leur destin, donne au film une puissance poétique obsédante. Le montage parallèle, qui devrait souligner leur éloignement, n’a cesse de les rapprocher, comme si les pensées de l’un percutaient celles de l’autre. Peckinpah isole ses héros, les transforme en figures tragiques, mais leur conserve une liberté absolue. Le chaos extérieur ne déstabilise jamais leur lien. Le fil de l’histoire n’appartient qu’à eux.

Sam Peckinpah se rêve Billy the Kid, mais il doit composer avec Pat Garrett. Cette lutte entre non-conformisme et académisme le ronge. Il s’imagine indépendant, briseur de producteurs, rebelle dans un monde où les studios imposent des règles qu’il vomit, mais jamais son esprit de révolte ne le mènera, comme son héros, à mourir pour la cause. En tout cas pas aussi rapidement. Il sait que pour réaliser ses films, il a besoin d’argent, beaucoup d’argent, et que seuls les studios peuvent financer ses obsessions. Alors, pendant la production, il joue les dociles, mais dès que la caméra est en place, le plateau devient son territoire, et "Bloody Sam" reprend les commandes.

 

Les histoires moches sur les tournages de Sam Peckinpah sont nombreuses. Alcoolique et drogué, Peckinpah fait vivre un véritable enfer à ses équipes : bagarres, licenciements abusifs, brutalités… Comment expliquer que les studios tolèrent ce comportement erratique ? Surement à cause de l’époque. Vingt ans plus tôt, Peckinpah aurait terminé sa carrière au courrier, mais au début des années 70, il a le profil. Le public veut de nouvelles têtes, l’ambiance est à la contestation, et les rebelles sont "bankable". Le Nouvel Hollywood se met en ordre de marche, et les futurs papes du cinéma ont besoin de figures tutélaires. Scorsese, Coppola et Spielberg n’oublient jamais de citer le grand Sam, tous soulignant son influence majeure sur l’évolution du langage visuel du cinéma.

LA HORDE SAUVAGE, LES CHIENS DE PAILLE, GUET-APENS sont des succès. Les studios le laissent tranquille.

 

En ce qui concerne PAT GARRETT AND BILLY THE KID, l’histoire est tout autre.

Sam Peckinpah perd le contrôle de la post-production. Sa première version, trop longue et trop sombre au regard bien bas du Studio le plombe, ses rushes lui sont retirés.

La MGM, dirigée par James Aubrey, sort le film dans une version tronquée, non autorisée par le réalisateur. Le public ne suit pas, les critiques trouvent le film inachevé. Où est passée la griffe du metteur en scène de LA HORDE SAUVAGE ? Demandez à James Aubrey.

Par miracle une version montée par Peckinpah pour les projections-tests circule et montre une vision plus longue et plus nuancée du récit. Grâce à cette version rétablissant la cohérence et la poésie voulues par Peckinpah, le film a peu à peu été réévalué par les critiques et le public.


PAT GARRETT AND BILLY THE KID contient par ailleurs une séquence iconique : la mort calme et digne de Slim Pickens, observée par le regard fier et amoureux de Katy Jurado. Sans doute l'une des scènes les plus déchirantes du cinéma américain.

Au bord de la rivière, Baker, debout et blessé, sait qu’il va mourir. Sa femme arrive en courant pour le secourir, mais comprend vite la situation. Elle s’arrête, le regarde s’affaiblir au loin, Flamboyante pudeur. Et là dans leurs yeux un moment de magie cinématographique, des mots jamais prononcés jaillissent. L'amour sans paroles nous submerge. On frisonne. La musique de Bob Dylan amplifie ce moment d’anthologie.

Que c'est grand !


Peckinpah célèbre les hommes qui choisissent comment tomber. Il partage avec eux ce besoin d’échapper à un avenir mou et consensuel. Mais tel Pat Garrett fusillant son image dans un miroir, le grand Sam se débat avec sa propre amertume. Les temps changent.


BANG

 

L’alcoolisme de Sam Peckinpah était tellement avancé qu'il devait commencer la journée avec un grand verre de vodka. James Coburn se souvient que Peckinpah n'était cohérent que quatre heures par jour.


Peckinpah disait que Coburn comprenait instinctivement son cinéma, ce qui a renforcé leur complicité et permis à James Coburn de jouer les médiateurs entre le grand Sam et la MGM.


Malgré leurs nombreuses altercations Peckinpah a avoué que travailler avec Kristofferson avait été l'une des plus belles expériences de sa vie.


Selon Kris Kristofferson, Sam Peckinpah détestait tellement le montage du Studio qu'il aurait uriné sur l'écran lors de la projection.


Kris Kristofferson et Rita Coolidge se sont mariés peu après le tournage.


Dylan aurait improvisé beaucoup de ses répliques, ce qui agaçait parfois l’équipe mais amusait Peckinpah.


La célèbre chanson "Knockin' on Heaven's Door" de Bob Dylan a été écrite spécialement pour la bande originale du film.


Passage éclair : Le vieil homme qui parle avec Pat juste avant qu'il ne localise Billy est Sam Peckinpah, qui n'avait alors que 47 ans.


Les prises de vues s'achèvent avec 21 jours de retard et un budget dépassé de 1,6 million de dollars.


Le rôle de Billy the Kid a été proposé à Al Pacino. Il l’a refusé car il ne savait pas monter à cheval.

 


Budget: 4 600 000 $ - Recette monde  11 000 000 $

 

Dialogue culte

Je ne peux faire que ce que j’ai à faire (dit par Billy)



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Paris, France

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