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LE MESSAGER

  • Photo du rédacteur: BBC
    BBC
  • 18 oct. 2023
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 25 janv.

1971 Joseph Losey ROYAUME-UNI.

Avec Julie Christie, Alan Bates, Dominic Guard, Margaret Leighton, Michael Redgrave, Michael Gough, Edward Fox, Richard Gibson

Scénario : Harold Pinter, d'après le roman The Go-Between de Leslie Poles Hartley

Genre : Drame - 1h56 min

Note : 8


Les bons sentiments ne font pas les bonnes gens !

Issu d’un milieu modeste, Leo, jeune adolescent de 13 ans, est invité par un de ses camarades d’internat à venir passer les vacances dans sa famille bien aristocrate. Les dominants sont partout et les techniques de domination sont pluriels : fausse charité, privilège de caste, charme sournois… des mises en scène douces et rances qui vont mener Léo à être utilisé comme messager dans une histoire d’amour interdite.

Marian, la fille ainée de la famille a pour amant Ted, un fermier au physique de chanteur folk. Elle est promise à un vicomte mais apprécie les rendez-vous coquins dans la grange du paysan. Grace à Leo qui va servir de « facteur », les rencontres vont pouvoir s’organiser. Rien n’est impossible, tout est question de planning.

Amoureux platonique de Marian et camarade chimérique de Ted, Leo passe de l’un à l’autre persuadé de faire partie de l’histoire. Quand il comprend qu’il n’est qu’un pion trompé et manipulé, il voudra sortir du jeu. Les adultes lui signifieront alors ce qu’il est vraiment : au mieux un gamin innocent, au pire un vaurien de mauvais sang.

Déterminisme social ou trauma infantile ? Pour Léo ce sera les deux.

Losey injecte méthodiquement dans son montage des plans furtifs déconnectés de l’histoire principale. Ce mystérieux procédé de distanciation délivre sa vérité à la fin du film. Léo, aujourd’hui âgé, apparait comme éteint. Même si son goût pour le dévouement semble intact, son impassibilité révèle une fracture. Broyé par les "élus", il sera tristement resté à sa place. L'enfance articule notre vie. On a beau grandir, elle revient toujours en écho comme un marqueur assassin.


La distance chez Losey est un des éléments fondamental de sa mise en scène. Là où n’importe quel réalisateur s’enliserait dans un sentimentaliste sirupeux, lui préfère se mettre à distance pour nous offrir un mode de lecture unique. Pas de dialogues fougueux ni de gestes appuyés mais du hors champ ou à l’extrême, un regard suggestif. Quand nous retrouvons Marian et Ted lors d’une scène de coït mécanique, point de romantisme, c’est à travers le regard meurtri de Léo que nous les découvrons. Cette absence de sentimentalisme permet aux acteurs de se détacher d’un jeu attendu et classique. Et que dire de ce montage avant-gardiste intégrant des plans anachroniques dans la "timeline".

Chez Joseph Losey la modernité est un processus global. Par l’interprétation, il questionne les conventions du jeu d’acteur. Par le montage, il déconstruit le récit pour créer un espace de tension. C’est cette triple dimension, mise en scène, interprétation, montage, qui fait de Losey une figure essentielle du cinéma moderne.

BANG !


James Aubrey, directeur de la MGM, coproducteur du film, n'a pas aimé LE MESSAGER.

Il va vendre la participation du studio à la Columbia peu avant la première au Festival de Cannes 1971. Le film remporte la Palme d'Or. Deux ans plus tard c'est le même James Aubrey qui massacrera la post-production de l'admirable PAT GARRETT AND BILLY THE KID de Sam Peckinpah. Un grand visionnaire ce James.


En 1953, l'auteur L.P. Hartley a vendu les droits cinématographiques du Messager à Alexander Korda. Plusieurs années se sont écoulées sans qu'aucun film ne voie le jour, ce qui a terriblement vexé Hartley. Plus tard, Hartley déclara qu’il avait jeté un sort à Korda, un peu à la manière du héros de son roman, et nota, que Korda était mort subitement le jour suivant.


Deborah Kerr avait été choisie pour jouer Mme Maudsley. Margaret Leighton a finalement obtenu le rôle.


Le scénariste Harold Pinter a déclaré : "Je suis fasciné par le concept du temps et par le pouvoir qu'a le cinéma de révéler soudainement le sens de toute une vie, de douze à soixante ans".


Quatrième et dernière collaboration entre Joseph Losey et le dramaturge et scénariste Harold Pinter. Les autres étant ACCIDENT (1967), THE SERVANT (1963), et MODESTY BLAISE (1966).


Losey n’apprécie pas la musique de Michel Legrand. Avec le temps il reconnait le talent du compositeur français. Le thème a été repris notamment dans l’émission télévisée « Faites entrer l’accusé » et dans le film de Todd Haynes MAY DECEMBER (2023)


Joseph Losey a déclaré : « Le Norfolk m'a beaucoup aidé parce que le Norfolk n'a pas changé ». Le film se déroule au début du XXème siècle et a été tourné en 1970. Le Norfolk appréciera.



Budget: 850 000 $


Dialogue culte

Le passé est un pays étranger... Ils font les choses autrement, là-bas.




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